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20/10/2009

Dossiers de novembre 2009

 

SUCCESSION : CHANGEMENT DE BAREME FISCAL POUR LES NEVEUX ET NIECES VENANT EN REPRESENTATION DE LEUR PERE OU MERE

Barème entre frères et soeurs 

Dans une instruction du 10 juillet 2009, l'administration fiscale admet l'application du barème entre frères et soeurs aux neveux et nièces succédant  par représentation dans le cadre des succession ouvertes dès le 1er janvier 2007, soit sur la base du barème actualisé au 1er janvier 2009 :
      • 35% jusqu'à 23 975 €
      • 45% au delà de 23 975 €
Au lieu du barème applicable entre parents jusqu'au 4ème degré inclus soit 55% sur l'ensemble de la part taxable.

Ce changement rétroactif permet aux redevables qui ont liquidé des droits pour une succession ouverte depuis le 1er janvier 2007, d'obtenir la restitution du trop perçu de droits par voie de réclamation.

En pratique, les contribuables ont donc jusqu'au 31 décembre 2011 pour faire valoir leurs droits.

Exemple

Monsieur MARTIN est décédé le 8 janvier 2007, laissant à sa succession :
• Sa soeur Sophie
• Benjamin et Rodolphe ses neveux issus de Paul son frère prédécédé
• Julie et Pauline ses nièces issues de Laurence sa soeur prédécédée

L'actif net de succession s'élève à 300 000 €.

Les droits ont alors été liquidés ainsi :

 

 Sophie

 Benjamin, Rodolphe,
 Julie et Pauline
(chacun)
 Part taxable

 100 000 €

 50 000 €

 Abattement

 5 000 €

 2 500 €

 Reste taxable

 95 000 €

 47 500 €

 Droits dus
 35% sur 23 000 € = 8 050 €
 45% sur 72 000 € = 32 400 €
TOTAL = 40 450 €
55% sur 47 500 € = 26 125 € chacun
Soit un total de 104 500 €

Nouvelle liquidation des droits :

  Sophie

 Benjamin, Rodolphe,
Julie et Pauline
(chacun)

 Part taxable Inchangée

 50 000 €

 Abattement Inchangé

 2 500 €

 Reste taxable Inchangé

 47 500 €

 Droits dus
Inchangés
 35% sur 23 000 € = 8 050 €
45% sur 24 500 € = 11 025 €
TOTAL = 19 075 € chacun
Soit un total de 76 300 € 

L'administration fiscal doit donc restituer à chaque neveu et nièce la somme de 7 050 € (26 125 - 19 075) soit 28 200 € au total.

Obligation alimentaire envers ses parentsL'OBLIGATION ALIMENTAIRE DES ENFANTS ENVERS LEURS ASCENDANTS

L'obligation alimentaire est une aide matérielle qui est due à un membre de sa famille proche dans le besoin et qui n'est pas en mesure d'assurer sa subsistance.

L'obligation alimentaire concerne tous les ascendants dans le besoin

L'obligation alimentaire incombe d'ordinaire aux parents à l'égard de leurs enfants mais elle existe aussi entre enfants majeurs et parents et s'étend aux petits enfants à l'égard de leurs grands parents.

En effet, l'article 250 du Code Civil précise que l'obligation alimentaire concerne tous les ascendants dans le besoin : "les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin".

En général, les enfants offrent spontanément leur aide mais il peut arriver qu'un parent soit contraint de saisir la justice pour demander le versement d'une obligation alimentaire.

Les juges sont très exigeants quant à la notion de besoin, il doit s'agir d'un état de nécessité : le parent ne peut plus subvenir seul à la satisfaction de ses besoins les plus élémentaires : nourriture, logement, habillement, soins, médicaments...

Les juges ont par exemple estimé qu'une femme à la retraite qui percevait 800 € de revenus par mois et qui devait faire face à un loyer mensuel de 404 € et des charges de 151 €, se trouvait bien dans un état de nécessité (Cour d'Appel de Caen du 9/10/2008)

Il ne suffit pas d'avoir un train de vie modeste pour prétendre au bénéfice de l'obligation, il faut se retrouver dans un état de besoin avec des ressources personnelles qui ne suffisent pas à couvrir la totalité des dépenses primordiales.

Une femme devant faire face à des dépenses importantes (travaux d'étancheité das son logement et achat d'un appareil auditif) qui percevait  une retraite de 758 € par mois et payait 121 € de charges mensuelles s'est vu refuser une pension alimentaire par les juges au motif que de nombreuses personnes arrivent à faire face à leurs dépenses avec de tels revenus (Cour d'Appel de Besançon du 17/11/2005).

Les personnes dispensées de leurs obligations alimentaires

Néanmoins, lorsque celui qui réclame l'aide alimentaire a lui même manqué gravement à ses obligations envers son enfant, le juge peut décharger celui-ci de tout ou partie de la dette alimentaire (article 207 du Code Civil).
Le 09/10/2008, les juges de la Cour d'Appel d'Agen ont par exemple déchargé les enfants de toute dette alimentaire à l'égard de leur mère qui les avait abandonnés et s'était désintéressée d'eux (abandon moral, affectif et financier).
Les juges estiment toutefois que seul un comportement indigne et moralement imputable à un parent peut être sanctionné par un refus de pension alimentaire. Tel n'est pas le cas par exemple d'une mère qui avait été hospitalisée pour troubles psychiatriques pendant toute la minorité de sa fille et qui était par conséquent incapable de s'occuper de son enfant (Cour d'Appel d'Aix en Provence du 31/01/2008)

Une aide proportionnelle aux possibilités de chacun

La pension est accordée dans la proportion du besoin de celui qui la réclame mais aussi en fonction des ressources de celui qui la doit.
Les juges vont examiner les ressources de chaque enfant et fixer une aide proportionnelle aux ressources de chacun.
De plus, il n'existe pas de hiérarchie entre les enfants : rien n'oblige un parent qui a plusieurs enfants de demander de l'aide à chacun d'entre eux. Libre à lui de se tourner, par exemple, vers le plus fortuné qui assumera l'intégralité de la charge financière.
Cependant, un enfant qui paie plus que sa charge peut être dédommagé. Il a la possbilité de demander à ses frères et soeurs (et à leurs propres enfants éventuellement) de lui verser une participation proportionnelle à leurs ressources.

POURQUOI FAUT-IL REDIGER AVEC SOIN LA CLAUSE BENEFICIAIRE DE SON CONTRAT D'ASSURANCE VIE ?

Plusieurs milliards d'euros placés dans des contrats d'assurance vie attendent toujours leurs bénéficiaires. En principe, les assureurs doivent effectuer toutes les démarches pour les retourver mais il n'est pas inutile de prendre des précautions pour que les personnes désignées reçoivent bien leur capital.

A SAVOIR...

La désignation d'un bénéficiaire n'est pas obligatoire mais elle est nécessaire pour bénéficier des avantages de l'assurance vie.
En l'absence de bénéficiaires ou en présence d'une clause mal rédigée, le contrat pourrait être requalifié et les capitaux réintégrés dans la succession

Les contrats en déshérence

Il s'agit des contrats dont le souscripteurs ne donnent plus signe de vie et pour lesquels aucun bénéficiaire ou héritier n'a été retrouvé par la compagnie d'assurances, ou ne s'est manifesté auprès d'elle.

Une loi du 15/12/2005 a ainsi contraint les assureurs, lorsqu'ils ont eu connaissance d'un décès à contacter les bénéficiaires désignés dans le contrat.  Mais les compagnies ne sont pas toujours informées du décès de l'un de leurs assurés et, si personne ne les prévient, elles n'entreprennent aucune recherche.

Cette loi a oeuvré en faveur des bénéficiaires en créant l'AGIRA (Association de Gestion des Informations du Risque en Assurances) qui peut être consulté par toute personne à la suite du décès d'un proche pour savoir si elle est bénéficiaire d'un contrat d'assurance vie.

L'article L 132-9-3 du Code des Assurances oblige depuis 2007 les assureurs à s'informer du décès éventuel d'un assuré. Pour cela, elles sont autorisées à consulter les données du Répertoire National d'Identification des personnes physiques géré par l'INSEE et qui recense tous les décès intervenus en France.

Egalement, la plupart des assureurs se sont engagés déontologiquement à s'assurer que leurs assurés âgés de plus de 90 ans et dont les capitaux s'élèvent à au moins 2 000 € sont encore en vie.

Adapter la clause bénéficiaire à sa situation et à ses objectifs

Quelques mots dans la clause bénéficiaire d'un contrat d'assurance peuvent en modifier la signification et  une  clause trop sommaire risque d'exclure des bénéficiaires :

Par exemple en rédigeant la clause bénéficiaire de son contrat d'assurance vie ainsi : "les capitaux reviendront à mes enfants nés ou à naître, à défaut mes héritiers", on exclut les petits enfants de l'assuré en cas de prédécès d'un de leurs enfants.

 

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